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utilisateurs, comme l’indique fièrement une publicité de 1960 : cartes routières, salles d’ac- cueil et toilettes, service téléphonique…
La marque s’est également lancée à la conquête du monde. Elle l’a fait en créant des filiales de distribution mais aussi en rachetant ou en prenant des participations dans des socié- tés locales. Dans la seconde moitié des années 1950, TOTAL s’implante ainsi en Allemagne, en Grande-Bretagne – une filiale, Total Oil Product, y est créée en 1955 et les premières stations-ser- vice y sont ouvertes en 1960 –, en Suisse, aux Pays-Bas, en Belgique et en Italie. Dans ce der- nier pays, la CFP prend par étapes le contrôle d’une société qui détient la raffinerie de Trieste et un réseau de plusieurs centaines de sta- tions-service à la marque Aquila implantée en Italie, en Autriche et en Yougoslavie. Mais la compagnie voit également plus loin. Dans les années 1950, elle élargit la distribution de ses produits à l’Afrique du Sud, à la Rhodésie, au
Nigeria, au Ghana, au Liban, à la Syrie, et même à l’Australie où un accord de distribution est conclu en 1955 avec la compagnie Anglo United.
À l’aube des années 1960, la marque TOTAL commence à faire son chemin dans l’esprit du public. Elle s’applique désormais à une large gamme de produits : carburants et supercarbu- rants automobiles, huiles moteur, jetfuels pour avions… Pour la distribution de ces derniers, des sociétés ont même été créées sous le nom d’Air Total. Il en existe au Sénégal, au Cameroun, en Tunisie, en attendant la France, le Maroc, la Suisse et l’Italie. Dans la distribution des carbu- rants, le temps des concentrations est désormais venu. En 1960, la CFP acquiert ainsi, non sans mal comme nous le verrons plus loin, l’Omnium français de pétroles (OFP) et son réseau OZO. Un retour aux sources en quelque sorte : l’OFP a en effet été fondé en 1938 lorsque la Steaua française – constituée en 1920 pour gérer la participation de l’Omnium international des pétroles dans la compagnie pétrolière roumaine Steaua Romana – a absorbé ce même Omnium international des pétroles qui, rappelons-le, avait été créé par Ernest Mercier pour prendre des intérêts dans le pétrole roumain. L’acquisition de l’OFP par la CFP en 1960, qui s’est faite par échange d’actions, est la première offre publique d’échange (OPE) réalisée sur le marché parisien. Elle contribue également à renforcer les positions du Groupe en métropole. En 1962, son réseau compte 6 747 points de vente dans le monde. Sa part de marché dans l’Hexagone se monte à 17,9 %, derrière Shell (20 %) mais devant Esso (14,1 %), BP (12,1 %), Azur (5,8 %) et Antar (5,4 %). Progression remarquable pour une marque créée sept ans plus tôt à partir de rien ! La CFP s’est lancée avec succès dans le grand bain du marketing.
Publicité TOTAL, représentant toutes les activités autour du monde, 1955.