310
1971 1997
En 1975, 2 % seulement des véhicules particuliers qui circulent en France sont équipés de moteurs diesel ; la proportion monte à 8 % en 1980 avant de grimper à 30 % en 1995. Bien des raisons expliquent cet essor, à commencer par le développement du transport routier. Fort de sa capacité à peser sur les choix politiques, celui-ci obtient que le diesel continue à bénéficier de conditions fiscales avantageuses. Mais ce n’est pas tout ! Un grand constructeur automobile français entre bientôt dans
le jeu : Jacques Calvet, P-DG de Peugeot depuis 1983. Afin de sauver la firme au lion moribonde, il fait du moteur diesel pour les véhicules particuliers son « cheval de bataille ». Très actif, l’industriel obtient un nouveau train d’exonérations fiscales pour les automobilistes, entraînant les autres constructeurs dans son sillage. Quant aux raffineries, elles sont confrontées à une véritable « quadrature du cercle » : « Il leur fallait produire plus de diesel que les pétroles existants ne le permettaient et, dans le même temps,
entreprendre de lourds investissements pour se mettre en règle vis-à-vis des nouvelles législations », explique Jean-Claude Company. Une période difficile s’ouvre alors. À partir du milieu des années 1990, afin de répondre à la demande, une part croissante du diesel consommé en France est importée de Russie, tandis que l’essence produite en trop grande quantité par les raffineries locales prend le chemin de l’exportation vers les États-Unis.
AUTOMOBILES : LE TEMPS DU DIESEL