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Elle débute en 1957, six ans après la décou- verte du gisement. Pour transporter et commer- cialiser le gaz, deux sociétés communes sont créées par la SNPA et Gaz de France (GDF) : la Société nationale des gaz du Sud-Ouest – dont la Régie autonome des pétroles est éga- lement actionnaire – et la Compagnie française du méthane. Un véritable réseau couvrant tout le territoire voit ainsi le jour dans des délais très brefs. Quant à la SNPA, elle obtient l’essen- tiel : que le gaz naturel soit vendu au prix du marché et non au prix de revient, ce qui lui laisse l’essentiel des bénéfices. Cette manne financière allait jouer un rôle clé dans le déve- loppement international de la société et, au-delà, du groupe Elf.
Dès avril 1957, la SNPA met en service sur le site une usine de traitement du gaz d’une capa- cité d’un million de mètres cubes par jour. Elle sera augmentée par étapes jusqu’à atteindre 33 millions de mètres cubes par jour en 1975. Des capacités de stockage sont également construites. En 1960, la production de Lacq atteint 4,1 milliards de mètres cubes. Elle sera de 7,6 milliards cinq ans plus tard ! L’opinion s’en- flamme littéralement devant une telle abon- dance. Dans la presse, Lacq est baptisé le « Texas français » ! D’un pouvoir calorifique bien supé- rieur à celui du gaz de houille, le gaz naturel venu du Béarn se répand massivement pour les usages domestiques, notamment le chauffage et la cuisine. Modeste encore au lendemain de la Seconde Guerre mondiale (100 millions de mètres cubes en 1946), la consommation de gaz naturel en France augmente fortement après 1957 : elle est de 2,8 milliards de mètres cubes en 1960 et de 10 milliards en 1970. Mais ce n’est pas seulement le gaz naturel qui change les desti- nées de Lacq. Sur place, un véritable complexe industriel voit le jour.
Une nébuleuse d’industries chimiques, toutes consommatrices de gaz ou de ses dérivés,
s’installent en l’espace de quelques années autour du gisement. Attirées par l’abondance d’énergie, de nombreuses entreprises prennent le chemin du Béarn. Électricité de France édifie ainsi une centrale au gaz à Artix, dans les Pyrénées-Atlantiques, ce qui pousse Pechiney à construire une usine de production d’aluminium à Noguères. Dans le même temps, des usines d’engrais azotés, de polyéthylène et de méthanol sont construites. La SNPA se lance de son côté dans la production de soufre extrait du gaz, avant de créer le Centre de recherche de Lacq, dédié à cette activité. L’entreprise s’impose rapidement comme un leader de la thiochimie (chimie du soufre), notamment dans la production de méthylmercaptan, qui sert à la fabrication de la biométhionine pour l’alimentation animale. Au début des années 1960, Lacq est devenue une zone industrielle qui emploie plus de 4 500 personnes.
De nombreuses personnalités s’y pressent, à l’image de Nikita Khrouchtchev, le premier secré- taire de l’URSS, du Négus d’Éthiopie Haïlé Sélassié ou du président gabonais Omar Bongo. En visite officielle à Lacq en 1959, le général de Gaulle fait l’éloge de l’indépendance du pays que le gaz de Lacq incarne avec force. Le chef de l’État a d’autant plus de raison d’être satisfait que de très importantes découvertes d’hydrocar- bures ont également été faites loin de la métro- pole, dans les sables brûlants du désert algérien.
Aventures au Sahara Le 5 janvier 1956, les foreurs de la Compagnie
de recherche et d’exploitation de pétrole au Sahara (CREPS) mettent au jour un gisement de pétrole à Edjeleh, au sud-est de l’Algérie, non loin de la frontière libyenne. Un beau succès pour le BRP, la RAP et la compagnie Shell,
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