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TOTAL RACHÈTE PETROFINA
S e marier avec PetroFina : l’idée n’est pas nouvelle. Elle mobilise même les états-majors de Total et d’Elf Aquitaine depuis plusieurs années.
Pourparlers Tout commence en 1991 lorsque Serge
Tchuruk, alors P-DG de Total, sonde Albert Frère en vue d’un rapprochement. Mais les tractations ne débouchent pas. À l’inverse, le rapproche- ment opéré en 1993 entre Elf Aquitaine et PetroFina se conclut quant à lui sur une prise de participation du pétrolier français d’un peu plus de 5 % dans le capital de son homologue belge. S’il s’agit officiellement d’un « placement », il ne fait aucun doute pour bon nombre d’observa- teurs qu’Elf Aquitaine tente de mettre la main sur PetroFina. À Bruxelles, l’affaire fait grand
bruit. Il faut dire que PetroFina n’est pas une compagnie comme les autres. C’est la plus importante des entreprises belges, l’une des plus prestigieuses également. Chaque année, généra- lement en novembre, le Groupe organise au palais d’Egmont, à Bruxelles, un grand dîner d’apparat où se presse toute l’élite économique et politique du pays mais aussi de prestigieux invités venus de toute l’Europe et des États-Unis. L’idée qu’un tel symbole puisse tomber entre des mains étrangères suscite donc une réelle émo- tion en Belgique. Menée à bien par Loïk Le Floch-Prigent, l’incursion d’Elf Aquitaine dans le capital de PetroFina ne résiste cependant pas à son départ : peu de temps après sa nomination à la tête d’Elf Aquitaine en 1994, son successeur, Philippe Jaffré, cède en effet sa participation dans le groupe belge.
L’étape suivante s’ouvre en 1998. Albert Frère est alors un homme inquiet : en dépit des efforts de François Cornélis, cela fait dix ans que la