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1998 2000
Note d’information de TotalFina du 21 juillet 1999.
Jean-Bernard Lartigue. À la tour Elf Aquitaine, c’est le choc. Tout juste rentré d’Écosse, Philippe Jaffré réunit d’urgence son conseil d’administra- tion et ses principaux collaborateurs. « Du jour au lendemain, la compagnie s’est transformée en une véritable ruche : des spécialistes de la com- munication, des banquiers et des avocats consti- tuaient des groupes de travail. Il y avait des réunions tout le temps », témoigne Bruno Weymuller. Un « comité de défense », véritable centre opérationnel stratégique, est également créé en interne. « Il se réunissait tous les matins afin de préparer les mesures à prendre pour mener à bien la contre-offensive », raconte Yves- Louis Darricarrère qui en fut membre. La contre-offensive ? De fait, malgré les propos de Thierry Desmarest, qui tient à mettre en avant le caractère certes « non sollicité » mais néanmoins « amical » de l’offre, malgré aussi la campagne publicitaire préparée depuis des semaines par le directeur de la communication de Total, Michel Delaborde, qui souligne « la force de l’évidence » que représenterait le mariage entre les deux groupes, Philippe Jaffré et ses collaborateurs n’entendent pas baisser pavillon. D’autant que l’offre de Total leur paraît insuffisante : le Groupe propose en effet quatre actions Totalfina contre trois actions Elf Aquitaine, soit une prime de 15 %, le tout sans versement de cash.
La contre-OPE d’Elf Aquitaine sur Total Mais comment se défendre ? Et à qui faire
appel ? « Philippe Jaffré était un homme coura- geux mais il manquait d’appuis, au gouverne- ment comme parmi les partenaires historiques d’Elf Aquitaine sur le continent africain », précise Yves-Louis Darricarrère. En interne, le président du Groupe ne fait pas non plus l’unanimité. La direction a beau, pour s’assurer le
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