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L’AFFIRMATION D’UNE VOCATION INDUSTRIELLE
Ê tre présent sur toute la filière, de l’amont vers l’aval : à partir de la fin des années 1920, cette stratégie guide les développements de la Compagnie française des pétroles mais également ceux de Petrofina en Belgique. De part et d’autre de la frontière, la priorité est à l’affirma- tion d’une vocation industrielle.
Des débouchés toujours plus nombreux
Depuis l’époque de Rockefeller, l’intégration verticale, de la production d’or noir à la distribution des produits pétroliers, constitue un standard dans le secteur. Et pour cause ! Cette stratégie permet aux compagnies d’écouler le pétrole qu’elles pro- duisent et, ce faisant, de se positionner sur toute la chaîne de valeur, et en particulier sur l’aval, véri- table « cœur battant » de l’industrie pétrolière.
Le marché joue le rôle d’un aiguillon. À l’aube des années 1930, les besoins en pétrole sont très importants. Dans l’automobile d’abord, dont l’essor ne semble pas devoir s’arrêter : en 1928, plus de 20 millions de véhicules automobiles circulent aux États-Unis, contre 7 millions dix ans plus tôt. En France, le parc automobile est passé de 330 000 à 1,2 million de véhicules entre 1919 et 1928. Le pétrole a aussi de beaux jours devant lui dans le transport maritime, qui s’est converti massivement à la propulsion au mazout, et dans le transport aérien, qui connaît un développe- ment très rapide depuis le début des années 1920. C’est alors que les grands pays se dotent de com- pagnies aériennes commerciales : Air Union en France, créée en 1923 et qui deviendra Air France dix ans plus tard, Sabena en Belgique, fondée la même année, Lufthansa en Allemagne, qui voit le jour en 1926… Quant au ciel américain, il est déjà bien encombré : à la fin des années 1920, on compte outre-Atlantique plus de quatre cents •••