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Petrofina, de son côté, se concentre sur le charbon. À la fin des années 1970, le Groupe prend des participations dans plusieurs mines situées aux États-Unis. Il se lance également dans la fabrication d’acide gras et de graisses ali- mentaires, et mène des « investissements patrio- tiques » destinés à développer et sauvegarder l’emploi en Belgique.
Le groupe Elf joue la carte minière. En 1974, il prend ainsi une participation de 50 % dans la société Le Nickel-SLN, qui exploite les mines de Nouvelle-Calédonie. Il investit également dans des mines d’uranium. La quête de ressources minières le pousse à prendre pied aux États- Unis. En 1980, Elf ne peut reprendre la société Kerr-McGee, qui dispose, outre-Atlantique, de beaux actifs miniers et de quelques actifs pétro- liers. Le ministre de l’Industrie, André Giraud, met en effet son veto à cette opération. Le direc- teur général du Groupe, Gilbert Rutman, l’ap- prend au dernier moment, alors qu’il roule vers Roissy où l’attend l’avion qui doit le conduire aux États-Unis pour y finaliser l’acquisition ! Mais ce n’est que partie remise ! Un an plus tard en 1981, Elf se porte acquéreur de la compagnie Texas Gulf qui exploite des mines de phosphate, de zinc, d’argent, de potasse et de soufre. « Aux États-Unis, le Groupe s’est mis à chercher des minerais un peu partout, se souvient Jean-Luc Vermeulen, qui prend la tête des activités nord-américaines d’Elf en 1980. C’était devenu un axe stratégique majeur. On a confié la recherche et l’exploitation à des spécialistes du pétrole, ce qui n’était pas une très bonne idée car les gisements sont très différents. Certains actifs se sont finalement révélés très médiocres, à com- mencer par ceux de Texas Gulf. » Les investisse- ments dans les mines ne sont cependant pas les seules diversifications que mène le Groupe. Comme Total, Elf s’intéresse au solaire pour lequel une filiale est constituée : Elf solaire déve- loppements énergétiques. Aux côtés de Saft, l’un
des spécialistes mondiaux des batteries qui entrera dans le groupe Total en 2016, Elf prend une participation dans la société Photowatt qui distribue des équipements photovoltaïques en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Au début des années 1970, le Groupe fait enfin une entrée inattendue dans deux secteurs très éloignés du monde de l’énergie : la santé et la beauté.
Les débuts de l’aventure Sanofi L’idée est venue de Jean Fouchier, directeur
général adjoint de la SNPA, de René Sautier, directeur des services économiques de la SNPA, et d’un jeune ingénieur passé par Lacq et devenu ensuite un proche collaborateur de René Sautier puis de Jean Fouchier, Jean-François Dehecq. Réunis dès 1970 à la demande de Pierre Guillaumat afin de réfléchir à des activités nou- velles, ils ont identifié la santé et la beauté parmi les secteurs prometteurs. La rentabilité y est éle- vée et la croissance forte. Mais il faut attendre 1973 pour qu’une première acquisition soit menée à bien : Labaz, l’un des dix premiers labo- ratoires pharmaceutiques français. À cette occa- sion une filiale à part entière est constituée, l’Omnium financier Aquitaine pour l’hygiène et la santé, qui prend très vite le nom de Sanofi. C’est le début d’une étonnante saga.
Car l’acquisition de Labaz, qui compte 3 000 salariés, n’est qu’une première étape ! Cette même année 1973, Sanofi prend le contrôle du laboratoire Michel Robilliart ; suivent, en 1974, le laboratoire Choay et, surtout, le groupe Castaigne, fort de 2 000 salariés. À la pharmacie s’ajoute la beauté. Entre 1973 et 1976, l’entreprise prend des participations majoritaires dans plu- sieurs sociétés de cosmétiques ou de parfums dont Yves Rocher, Roger & Gallet et Molyneux. Sanofi a même une idée pionnière : créer un
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