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Transport de pétrole, Mexico City, Mexique, 1915.
Justice ordonne, en application de la législation anti-trust – le fameux Sherman Antitrust Act de 1890 – la dissolution de la Standard Oil. Les motifs ? Le « trust » créé par Rockfeller « a tenté de monopoliser et d’accaparer l’industrie pétro- lière par une série d’actions et de pratiques abu- sives et anti-concurrentielles » selon les attendus du jugement.
L’éclatement de la Standard Oil a donné nais- sance à trente-quatre compagnies nouvelles dont les futures Exxon, Socony (Mobil) et Chevron. Elle permet également à de nom- breuses sociétés indépendantes de s’épanouir outre-Atlantique. Leur nom : Humble Oil and Refining Co., fondée dès 1911 au Texas, Pennzoil, qui voit le jour en Californie en 1913, la Getty Oil, constituée trois ans plus tard dans l’Oklahoma, la Pan American Petroleum and Transport, créée en 1916 ou bien encore la Phillips Petroleum
Company, constituée en 1917 et spécialisée dans le raffinage et la distribution. Le secteur n’en reste pas moins dominé, à l’échelle mondiale, par une poignée de compagnies, les « Sept Sœurs » comme on les appellera bientôt. Si l’expression n’existe pas encore – elle sera forgée au début des années 1950 par Enrico Mattei, le président de la compagnie pétrolière italienne ENI, et popularisée par Anthony Sampson dans son ouvrage The Seven Sisters paru en 1975 –, elle n’en correspond pas moins, déjà, à une réalité*.
La Grande-Bretagne, acteur pétrolier majeur de ce début de siècle Du côté des compagnies anglaises, les choses
bougent également. En juin 1914, quelques semaines avant que n’éclate la Première Guerre mondiale, Winston Churchill, alors Premier lord de l’Amirauté, fait voter une loi autorisant l’État à prendre une participation de 51 % dans l’An- glo-Persian. Épuisée financièrement par ses investissements iraniens, celle-ci est en effet au bord de la faillite. Pas question de laisser la com- pagnie, de surcroît le principal actionnaire de la Turkish Petroleum Company en Mésopotamie, tomber dans des mains étrangères ! Churchill est d’autant plus fondé à intervenir qu’il a, en 1912, pris une décision capitale : le remplacement du charbon par le fuel pour propulser les navires de guerre de Sa Majesté. Ceux-ci vont désormais plus vite et plus loin que tous les autres vais- seaux de guerre, notamment allemands. Depuis cette date, l’Anglo-Persian est l’un des princi- paux fournisseurs de la Royal Navy, une raison supplémentaire pour entrer dans son capital.
* Il s’agit de la Standard Oil of New Jersey (future Exxon), de l’Anglo-Persian (future BP), de la Royal Dutch Shell, de la Standard Oil of California (future Chevron), de Texaco, de la Standard Oil of New York (Socony, future Mobil) et enfin de la Gulf Oil.