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Voiture gazogène Citroën, 1943.
patriotisme sourcilleux qui le pousse à refuser toutes leurs demandes. Arrêté avec quelques hauts fonctionnaires, Jules Mény est déporté à Dachau, dont il tentera de s’évader à deux reprises, puis à Buchenwald. Il n’en reviendra pas. Il est exécuté en avril 1945 lors de l’évacua- tion du camp par les nazis.
Des initiatives, malgré la guerre
Dans les mois qui suivent l’armistice de juin 1940, la France ne reçoit plus une goutte de pétrole en provenance d’Irak. Les Américains acceptent bien de prendre le relais, mais par le Maroc uniquement et pour des quantités très limitées. Le gouvernement de Vichy doit donc se tourner vers la Roumanie où, depuis que Léon Wenger, administrateur délégué de Petrofina, a
négocié en 1939 des achats de pétrole roumain pour la France, celle-ci a droit à un reliquat de pro- duits pétroliers. Mais les « contrats Wenger » portent sur des quantités limitées et les Roumains donnent de toute façon la priorité aux Allemands. Dans l’impossibilité de satisfaire ses besoins, la France fait donc avec les moyens du bord : alcool, et surtout bois. C’est alors que les véhicules équi- pés de gazogènes font leur apparition sur les routes de France. À partir de 1942, on brûle égale- ment le gaz de Saint-Marcet. La Compagnie fran- çaise des pétroles participe pleinement à ces efforts, produisant des carburants de substitution dans sa raffinerie de Provence. Mais les quantités disponibles sont très insuffisantes. À nouveau, la France découvre combien elle est dépendante du pétrole international.