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contraignantes, en particulier dans le secteur des carburants. Dès la fin des années 1980, l’uti- lisation d’essence sans plomb est encouragée. Ainsi s’amorce le déclin du « supercarburant plombé » qui avait nourri le développement des réseaux de distribution de Total, d’Elf et de Fina durant les années 1950 et 1960. Pour les raffi- neurs, cela signifie de nouveaux marchés à satis- faire, mais aussi de nouveaux investissements à entreprendre : dans leurs raffineries, les trois compagnies installent des unités d’« isomérisa- tion », de « fractionnement plus performant » et de « reforming catalytique » permettant la pro- duction de carburants à haut indice d’octane sans le concours de l’habituel plomb tétraéthyle. Le groupe Total lance le sien en 1989 sous le nom de TOTAL Premier. Elf fait de même la même année avec ELF Optane.
Mais les raffineurs ont un autre défi à relever : la diésélisation du parc automobile. Les raffine- ries s’étaient, depuis des années, structurées de manière à fabriquer de l’essence, constituée de coupes légères. Résultat : elles ne sont pas équi- pées pour produire du diesel, fabriqué, lui, à par- tir d’hydrocarbures moins volatils et de famille chimique différente. Il faut donc installer dans les usines des unités d’hydrogénation cataly- tiques qui permettront de fabriquer du diesel et dont les spécifications, qui plus est, sont de plus en plus sévères, en particulier sur le contenu en soufre. Prix du pétrole, qualité du brut, normes et réglementations environnementales et sécuri- taires : à partir des années 1990, le raffinage devient une activité complexe, très capitalistique et qui doit investir régulièrement pour satisfaire des contraintes parfois dépourvues de justifica- tion économique directe… Des choix, dès lors, s’imposent et l’outil industriel évolue en fonction de la dynamique défavorable des marchés.
Unité de production d’hydrogène, raffinerie de Flessingue, Pays-Bas, 1998.
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