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recherches et d’activités pétrolières, ERAP en abrégé. Fruit de la fusion du Bureau de recherches de pétrole (BRP) et de la Régie auto- nome des pétroles (RAP), elle marque une étape décisive dans la création d’une grande entre- prise pétrolière nationale et dans la constitution du futur groupe Elf.
Faire émerger un « champion national »
L’ambition n’est pas nouvelle. Une première étape avait été franchie au début des années 1960 avec la création de l’Union générale des pétroles (UGP), établissement public centré sur le raffinage et la distribution. L’idée d’aller plus loin et de regrouper sous une même entité les différentes filiales du BRP et de la RAP s’impose peu à peu au cours de la décennie. Un homme joue un rôle clé dans l’affaire : André Giraud, devenu directeur des carburants en 1964. Excellent connaisseur du secteur – il a été direc- teur général adjoint de l’Institut français du pétrole de 1958 à 1964 –, il milite depuis long- temps pour la création d’un grand groupe public présent dans l’amont et dans l’aval capable de s’imposer face aux majors anglo-saxonnes et, pourquoi pas, de renforcer le poids diplomatique de la France. Des conceptions éminemment gaulliennes… À la fin de l’année 1964, il convainc le Premier ministre Georges Pompidou de lan- cer l’opération. « Que vous faut-il pour y arri- ver ? » aurait demandé le futur président de la République à André Giraud. « Un an et Pierre Guillaumat, seule personnalité reconnue par les responsables des différentes sociétés à fédérer », aurait répondu ce dernier. P-DG de l’UGP depuis 1962 et président d’Électricité de France depuis 1964, Pierre Guillaumat s’apprête à franchir une nouvelle étape dans sa très riche carrière.
Tout au long de l’année 1965, l’industriel tra- vaille avec quelques proches à l’organisation du futur Groupe. Parmi ces « fidèles », Paul-Albert Moch, président de la RAP, Pierre Desprairies, le P-DG de la SPAFE au Gabon, Jean Méo, direc- teur général de l’UGP, et Raymond Lévy, futur P-DG de Renault, les « Aiglons » comme les surnomment Pierre Guillaumat. À leur futur « patron », ils proposent d’avancer par étapes : d’abord une présidence commune RAP, BRP, UGP et SNPA – confiée bien sûr à Pierre Guillaumat – puis, dans un second temps, une intégration accrue au sein d’un seul et même Groupe. C’est sur ces bases que naît l’ERAP au premier jour de l’année 1966.
L’ERAP à la conquête du monde
Établissement public à caractère industriel et commercial détenu à 100 % par l’État, l’ERAP dispose de moyens importants. Outre les filiales de la RAP et du BRP en France, en Algérie, en Afrique noire et dans d’autres parties du monde, elle contrôle la majorité du capital de l’UGP et de la SNPA (51 %). Au sein du nouvel ensemble, cette dernière bénéficie encore d’un statut à part puisqu’elle conserve sa propre organisation et son autonomie de gestion et que 49 % de son capital est coté en Bourse. Il n’empêche : grâce à sa filiale, l’ERAP peut compter sur un peu plus de la moitié des énormes ressources géné- rées par le gisement de gaz de Lacq. Elles lui permettront de se lancer à la conquête du monde. À partir de 1967, l’ERAP s’appuie sur une nouvelle marque dont nous reparlerons plus bas : ELF. Dans les documents officiels du Groupe d’ailleurs, l’habitude se prend dès cette époque de parler du groupe « Elf-ERAP », voire du « groupe Elf ». Installée rue Nélaton, dans le
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