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1945 1970
le « pétrole national ». Rédigée initialement pour assurer des débouchés au pétrole irakien dévolu à la CFP, elle s’applique pleinement au pétrole algérien. La CFP et les compagnies étrangères sont contraintes de s’incliner : en 1959, elles acceptent de signer des contrats dits de « devoir national », assortis de rabais de 10 à 15 %. Mais l’affaire a mis en lumière une faiblesse : l’absence d’un pôle public voué au raffinage et à la distri- bution des hydrocarbures. L’État est certes actif dans l’exploration et production via des entités comme la BRP, la SN Repal, la RAP, la SNPA ou bien encore la SPAEF. Mais il n’est pas présent dans l’aval.
Création de l’UGP Créer un groupe public intégré sur le modèle
des grandes compagnies pétrolières privées : telle est l’idée que mûrissent le directeur des car- burants, Maurice Leblond, et le ministre de l’In- dustrie, Jean-Marcel Jeanneney. Que ce projet ait visé à faire contrepoids à la CFP, seul groupe pétrolier français d’envergure internationale, ne fait aucun doute. « Il fallait qu’il y ait face à la CFP un autre groupe français », devait avouer plus tard Jean-Marcel Jeanneney.
Le 20 avril 1960, le ministre de l’Industrie annonce donc la création de l’Union générale des pétroles (UGP), société publique chargée de transporter, de raffiner et de distribuer le pétrole saharien en métropole. Sa direction est confiée à Pierre Guillaumat. Ses principaux actionnaires sont la RAP, la SN Repal, la SNPA et la SPAEF. L’UGP ne part pas de rien : avant même sa consti- tution, elle rachète la raffinerie d’Ambès et les 1 568 points de vente et stations-service de la société américaine Caltex, ainsi que les réseaux La Mure et Avia. Mais ce n’est pas tout : sitôt créée, l’UGP se voit accorder, par les « décrets
Raffinerie d’Ambès, sortie du personnel, France, 1963.
Avant même sa constitution, l’UGP rachète la raffinerie d’Ambès et les 1 568 points de vente et stations-service de la société américaine Caltex.