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1924 1945
prendre part aux discussions avec le royaume d’Irak – récemment créé à partir de l’ancienne Mésopotamie turque – afin de définir les limites de la concession qui lui est dévolue. Il doit égale- ment constituer les équipes qui participeront, sur place, aux premières campagnes d’exploration. Mais il lui faut aussi, et surtout, se battre pour per- mettre à la société de prendre toute sa part du pétrole mésopotamien.
Car les choses sont loin d’être acquises ! Les autres actionnaires de la Turkish Petroleum Company, notamment l’Anglo-Persian, qui détient 50 % de son capital, et la Royal Dutch Shell, qui contrôle 25 % des actions, ne sont pas pressés de voir la CFP accéder au pétrole de Mossoul. L’entrée en scène des Français risque en effet de les priver de l’important marché hexa- gonal. Bien pourvus en pétrole, les Anglo-Saxons aimeraient en réalité que la CFP se contente d’un rôle d’investisseur financier. Impensable pour Ernest Mercier. Fidèle à la mission que lui a confiée Raymond Poincaré – donner à la France un accès à la ressource pétrolière –, l’industriel entend faire reconnaître pleinement les droits de la compagnie. Actionnaire à part entière de la Turkish Petroleum Company, la CFP doit pouvoir enlever et commercialiser elle-même le pétrole irakien, martèle-t-il à ses partenaires lors d’innombrables réunions tenues à Londres et à Paris.
Un long bras de fer commence Ces droits, les Français ont de fait toutes les
raisons de les revendiquer : ils ont été fixés dès 1912, lors de la création de la Turkish Petroleum Company, et rien ne permet d’en priver la CFP ! L’épreuve de force atteint son point d’orgue en juin 1927 lorsque, faute d’obtenir satisfaction, Ernest Mercier prend la décision, risquée,
d’intenter un procès à l’Anglo-Persian, à la Royal Dutch Shell et à la Turkish Petroleum Company.
La procédure n’aura pas le temps d’aboutir. Soucieuses de ne pas se lancer dans une longue bataille juridique et, peut-être aussi, impression- nées par la fermeté d’Ernest Mercier et de son équipe, les compagnies anglo-saxonnes décident finalement de s’entendre avec les Français. L’heure est d’autant plus à l’apaise- ment qu’en octobre 1927, à l’issue de campagnes d’exploration et de forage menées par la Turkish Petroleum Company et auxquelles ont participé sept géologues français envoyés par la CFP, du pétrole a jailli à Kirkouk, près du village de Baba Gurgur, en Irak, apportant une réponse à la question cruciale que les actionnaires de la société se posent depuis 1912 : y a-t-il de l’or noir en Irak ? Cette nouvelle a achevé de convaincre les compagnies de s’asseoir à la table des négociations. •••
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