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négociateur au service de la direction Europe, et André Tarallo, qui dirige les activités afri- caines du groupe. Ces hommes et leurs équipes jouent un rôle majeur dans les développements d’Elf.
Comparé à la CFP et à Elf, la situation de Petrofina dans les métiers amont est plus incer- taine. Dans l’exploration-production, le choc pétrolier de 1973 a en effet créé une situation nouvelle. « Depuis 1945, une partie importante du brut de Petrofina provenait de contrats d’ap- provisionnement à prix avantageux signés avec BP, explique Jacques de Naurois, entré dans la compagnie en 1973. En 1974, BP a dénoncé ce contrat en raison de la hausse du prix du baril, poussant la société à signer des contrats d’ap- provisionnement au Moyen-Orient. » Ils ne suf- fisent cependant pas à combler sa faiblesse structurelle dans l’amont. Il y a bien sûr ses inté- rêts dans les champs de pétrole d’Ekofisk et de Maureen, en mer du Nord. Il y a également l’An- gola, où Petrofina a fait quelques découvertes onshore. Mais ailleurs dans le monde, les réserves restent limitées faute de découvertes majeures. « Petrofina n’avait pas les moyens de se développer dans l’amont. En dehors de la mer du Nord, elle n’avait pas de véritable rente », résume François Cornélis, arrivé en 1973 et futur directeur général de l’entreprise. En 1981, sous la pression des autorités locales, Petrofina doit en outre vendre ses activités canadiennes à la com- pagnie nationale, Petro-Canada. Seule consola- tion, l’opération est excellente sur le plan financier.
Raffiner moins, raffiner autrement S’il bouleverse l’exploration-production, le
choc pétrolier de 1973 a également des consé- quences sur le secteur du raffinage. C’est tout un
modèle qu’il faut revoir. « Pendant des années, les raffineurs avaient vécu heureux : la demande en fuel lourd destiné au secteur industriel et à l’alimentation des centrales thermiques d’EDF semblait ne devoir jamais s’arrêter, explique Jean-Claude Company, entré à la CFP au début des années 1980. Or ce marché a fortement chuté à partir de 1973, en raison de la montée en puis- sance du nucléaire. Le seul marché qui conti- nuait à progresser était celui des carburants mais les raffineurs n’étaient pas équipés pour suivre la demande. Il a fallu s’adapter très vite. » Au cours des années 1970 et 1980, les compa- gnies pétrolières investissent lourdement dans des installations destinées à convertir les produits lourds en produits légers, plus rémuné- rateurs. De nouvelles unités de craquage cataly- tique pour la production d’hydrocarbures légers, des viscoréducteurs permettant de mieux valori- ser les coupes lourdes et des unités d’alkylation destinées à améliorer la qualité des essences sont ainsi mis en service dans les raffineries de la CFR, du groupe Elf et de Petrofina tout au long des années 1970.
Mais ce n’est pas tout : la demande de produits pétroliers diminuant fortement par suite de la hausse des prix, les compagnies pétrolières sont contraintes de réduire leurs capacités de raffi- nage les moins convertissantes qu’elles avaient beaucoup développées par le passé. Partout, les nouveaux projets sont abandonnés. L’ERAP renonce ainsi à la raffinerie de trois millions de tonnes qui devait être édifiée à Brest. Entre 1977 et 1983, elle ferme également quatre de ses raffi- neries métropolitaines : Ambès, Vern-sur-Seiche, Valenciennes et Gargenville. Les autres opéra- teurs installés dans l’Hexagone, BP, Esso, Shell et Mobil, font de même. En France, le raffinage de l’ERAP est désormais concentré sur les trois sites de Feyzin, Donges et Grandpuits. La CFR, de son côté, ferme en 1982 la raffinerie de Lorraine, tandis que la CFP fait de même avec
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