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« La maison regorgeait d’atouts, rappelle Serge Tchuruk : des équipes d’un très grand profes- sionnalisme, des positions très solides, notam- ment au Moyen-Orient. Mais elle présentait également de vraies faiblesses : absence de com- munication entre l’amont et l’aval, faible culture de la performance, manque d’esprit collectif. » Comme le souligne Jean-Jacques Guilbaud, arrivé dans le Groupe en 1981, à l’époque direc- teur de l’immobilier de Total et futur directeur des ressources humaines : « À cette époque, l’entreprise était très cloisonnée : il y avait la hol- ding de tête, installée dans l’hôtel particulier du XVIe arrondissement et où régnaient quelques messieurs sérieux, le raffinage et la chimie, qui étaient un empire à eux seuls, le raffinage à l’étranger, presque totalement autonome, et le pôle marketing-distribution, qui faisait à peu près ce qu’il voulait. Tout ce petit monde vivait sa vie. Cela fonctionnait mais n’était plus adapté. Je me souviens qu’à son arrivée, Serge Tchuruk a voulu rencontrer tout le monde. Il a fait le tour des sites pour rencontrer les cadres par groupes de 50 ou 60 personnes. C’est à ce moment-là qu’il s’est rendu compte que les équipes étaient trop dispersées, que beaucoup de gens n’étaient plus à leur place et que l’organisation devait être entièrement repensée. Il en est résulté un grand coup de pied dans la fourmilière. »
« Au moment où la concurrence entre les compagnies pétrolières s’intensifiait, il fallait se mettre en ordre de bataille », résume aujourd’hui, parlant de son action, Serge Tchuruk. Dès le printemps 1990, une « organisa- tion nouvelle pour une culture internationale » est présentée. Les activités de Total sont désor- mais structurées en six « centres de profit » : exploration-production, trading et Moyen- Orient, raffinage et distribution, chimie, mines et Omnium financier de Paris, la structure d’in- vestissements du Groupe dans l’industrie et les services. Dans le raffinage-distribution, la
Serge Tchuruk, P-DG de Total, sur une terrasse de la tour Michelet, 1991.