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UN BITUME TRÈS PERFORMANT : LE STYRELF Au sein des compagnies pétrolières, le choc pétrolier de 1973 stimule la mise au point de produits plus économes. Le groupe Elf lance ainsi, dans les années 1970, un bitume spécial, le Styrelf. « Il s’agissait d’une demande de l’administration française, raconte Jean-Michel Michou, entré chez Elf en 1990 et aujourd’hui expert “ fond de baril” à la direction Total Marketing & Services. Elle était à la recherche d’un revêtement permettant de prolonger la durée de vie des routes à fort trafic. Celles-ci devaient en effet être refaites régulièrement, ce qui était très coûteux en raison de la hausse des produits bitumineux à base de pétrole. L’administration a consulté les industriels de la route qui travaillent eux-mêmes en liaison étroite avec les spécialistes en bitumes des compagnies pétrolières. C’est de cette façon que le Styrelf est né. » Mis au point au centre Elf de Solaize, il marque une rupture technologique majeure. « Ce bitume incorporait des polymères similaires au caoutchouc qui lui conféraient une résistance, une adhérence et une élasticité peu communes, poursuit Jean-Michel Michou. Sur le plan technique, il s’agissait d’une première mondiale. »
Cette dynamique à l’œuvre dans la distribu- tion des carburants, on la retrouve dans les pro- duits spéciaux : lubrifiants pour le graissage des moteurs, gaz de pétrole liquéfiés (GPL) pour la cuisine, la production d’eau chaude ou le chauf- fage, bitumes pour les revêtements routiers, paraffines pour l’industrie, carburéacteurs… Ils constituent en effet de précieux débouchés pour les raffineries en raison de leur valeur ajoutée éle- vée. Acquisitions, augmentation des capacités de production, déploiement des réseaux commer- ciaux à l’international, lancement de nouveaux produits. Un type de produits mobilise plus parti- culièrement l’attention des experts du raffinage : le « fond du baril », c’est-à-dire les résidus pétro- liers les plus lourds et les plus soufrés. Parmi eux, le fuel lourd, resté longtemps le principal com- bustible industriel et dont la consommation s’est effondrée à la suite du premier choc pétrolier de 1973. « Toute une réflexion s’est amorcée au début des années 1990 autour de la valorisation des produits de fond du baril, explique Jean-Michel Michou. Au centre de recherches Elf de Solaize, des équipes de thermiciens et de spécialistes de l’environnement travaillaient par exemple sur des procédés plus propres et plus économiques de combustion du fuel lourd dans les chaudières industrielles afin de relancer le marché. » Aucune piste n’est négligée pour valoriser les produits issus du raffinage. Investissements, innovations techniques, conquête de nouveaux marchés, ces développements qui caractérisent le raffinage et la distribution concernent également la chimie.
Chimie : la dimension internationale
Dans les années 1990, les activités chimiques des trois compagnies pétrolières changent de dimension.
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