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RÉORIENTATION DE L’AMONT
Une certaine incertitude… C’est sans doute le sentiment qui domine, à l’aube des années 1960, dans les états-majors des compagnies pétrolières. De fait, une quinzaine d’années après la fin de la guerre, une redistribu- tion des cartes est en train de s’opérer dans les zones de production où elles sont présentes depuis parfois des décennies, rendant indispen- sable un redéploiement géographique de leurs activités amont.
Tensions sur l’or noir Il y avait eu le Venezuela et les revendications
sur le partage des bénéfices en 1948, l’affaire ira- nienne en 1951 puis la crise de Suez en 1956… Et voilà maintenant que de nouvelles secousses viennent compliquer le jeu pétrolier. Il faut dire que le monde change vite, très vite même !
Depuis la fin de la guerre, et plus encore depuis que la conférence des pays non-alignés organi- sée en 1955 à Bandung, en Indonésie, a condamné avec force le colonialisme et l’impérialisme, les pays colonisés entendent désormais prendre leur destin en main. C’est au nom de ce principe qu’en Égypte, le colonel Nasser a nationalisé le canal de Suez en 1956, provoquant de fortes ten- sions sur les marchés pétroliers. La même année, les deux protectorats français du Maroc et de Tunisie accèdent à l’indépendance, bientôt sui- vis du Ghana et de la Guinée.
C’est également au nom des principes de Bandung qu’un changement majeur se produit dans l’un des principaux pays producteurs de pétrole au monde : l’Irak. En juillet 1958, un coup d’État mené par le colonel Qasim avec l’aide des communistes renverse la monarchie irakienne. Le roi Fayçal, la quasi-totalité de la famille royale et une bonne partie des ministres sont assassi- nés. D’inspiration révolutionnaire, le nouveau