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Antar est depuis quelque temps à la recherche d’un partenaire pour se développer. Un temps, elle pense le trouver auprès de Petrofina, qui cherche elle-même à se développer dans l’Hexa- gone. Mais le gouvernement français met son veto. La voie semble donc libre pour l’ERAP…
Pas tout à fait encore ! Sitôt avertie du projet, la CFP intervient en effet auprès des pouvoirs publics pour obtenir une participation dans Antar. Victor de Metz a de bonnes raisons d’agir ainsi : depuis le début des années 1950, le Groupe qu’il dirige livre du pétrole brut à la raffinerie Antar de Donges. Une reprise par l’ERAP pour- rait bien avoir pour conséquence de fermer ce débouché. Un accord est finalement trouvé en 1970 : la CFP prend 24 % du capital d’Antar et l’ERAP 41 %. Pour le futur groupe Elf, qui prendra
le contrôle total d’Antar en 1976, il s’agit d’un tournant majeur : cette opération lui permet en effet, avec plus de 10 000 stations-service en France, d’atteindre la taille critique dans la distribution.
Ayant échoué à reprendre Antar, Petrofina, pour sa part, s’emploie à développer méthodi- quement son réseau FINA, ouvrant de nouvelles stations-service dans les pays où il est implanté. Entre 1959 et 1969, leur nombre passe de 13 500 à 18 000. Le Groupe joue également résolument la carte de l’innovation. Il est le premier ainsi, avec l’opération « Bonnes vacances », à intro- duire en Europe les méthodes américaines de promotion. Une initiative qui sera vite copiée. Dans les années 1960, les grands réseaux se livrent à une concurrence sans merci pour
Gagnants du grand jeu TOTAL, Moussa, France, 1967.
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