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1924 1945
pour la production bitumes… Les bases du réseau du futur groupe Total sont cependant déjà là, bien présentes : il sera constitué plus tard par les sociétés de distribution pétrolières actionnaires de la CFR.
Très actives dans l’aval, la CFP et Petrofina se développent également fortement dans l’amont. Dans les années 1930, explorateurs et géologues parcourent en effet le monde pour le compte de Petrofina et de la CFP. Leur mission : trouver de nouveaux gisements d’or noir.
Des sables de l’Orient aux forêts africaines : le temps des « défricheurs »
Enjeu majeur, s’il en est ! Soixante-dix ans après la découverte du colonel Drake, le pétrole fait plus que jamais figure d’industrie mondiale. Afin de nourrir la soif de pétrole qui s’est emparée du monde, des prospecteurs sillonnent le monde en quête de brut. Ils remportent parfois de beaux succès, comme au Texas le 3 octobre 1930. Ce jour-là, un prospecteur septuagénaire armé d’un équipement de forage obsolète fait jaillir un gigantesque geyser de pétrole non loin de la frontière avec la Louisiane. Le gisement d’« East Texas » est si important qu’il fait du golfe du Mexique le centre de gravité de l’industrie mon- diale du pétrole et entraîne un effondrement bru- tal du prix du baril. Il a également pour effet d’accélérer le remplacement du charbon par le pétrole dans des pans entiers de l’industrie. Une évolution bienvenue alors que la crise écono- mique mondiale, qui a éclaté en 1929, a provoqué une forte chute de la production automobile et de la consommation d’essence. Loin de réduire leurs efforts de prospection, les grandes compagnies mettent donc les « bouchées doubles » pour prendre pied sur les champs pétrolifères et s’assurer le contrôle des gisements les plus •••
••• Combustíveis do Lobito. Deux pays qui allaient jouer un rôle important tout au long de l’histoire du groupe Total. Cette gamme com- prend des lubrifiants, des huiles industrielles spé- ciales, des paraffines, du gasoil, des bitumes et, après la mise en service de la raffinerie de Dunkerque, du fuel pour le chauffage domestique et du butane. Décidément entreprenante, la com- pagnie s’est même diversifiée dans la fabrication d’huiles alimentaires, de savons et de produits sanitaires, ce qui lui vaut les sarcasmes de ses concurrents qui font mine de s’interroger sur la composition de ses produits.
Enfin et surtout, elle a commencé, au milieu des années 1920, à se doter d’un réseau de sta- tions-service. Au début des années 1930, il y en a déjà une centaine en Belgique. Un vrai pari dans un pays qui, en 1929, ne compte que 143 000 véhi- cules automobiles et où la concurrence est vive. Afin de faire connaître sa marque, le Groupe mul- tiplie dès lors les opérations de promotion. En 1928, elle parraine ainsi le raid Liège-Le Cap qui implique une centaine d’automobiles. En matière de marketing et d’action commerciale, Petrofina est une entreprise résolument moderne.
La situation est très différente du côté de la Compagnie française des pétroles. Le Groupe n’a en effet, à ce moment, ni stratégie de marque, ni véritable politique de distribution. La raison en est simple : ce sont les entreprises françaises de distribution actionnaires de la Compagnie française de raffinage qui écoulent, sous leur marque, les produits fabriqués par cette der- nière. À défaut d’être connue du grand public, la Compagnie française des pétroles privilégie l’in- novation dans son laboratoire des Buttes- Chaumont ou au sein des sociétés qu’elle crée en partenariat avec d’autres acteurs industriels : Société nationale des recherches sur le traite- ment des combustibles pour la fabrication d’es- sences synthétiques, Compagnie française des brais de pétrole avec des industriels de la route