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Dans la mesure où nous n’avions pas les mêmes moyens financiers qu’Elf, il nous fallait privilé- gier la croissance endogène plutôt que l’acqui- sition de sociétés et mobiliser nos atouts : la discipline, l’esprit collectif et surtout l’audace ! » « Avec Thierry Desmarest, la recherche de nou- veaux gisements a clairement changé de rythme, analyse de son côté Hervé Chagnoux. Son idée n’était pas de s’implanter là où les autres, notamment les Américains, étaient déjà, mais de prendre pied dans des zones nouvelles, quitte à prendre des risques. Dans les réunions, il disait toujours : allons là où les autres n’ont pas le courage d’aller. À cette époque, nous avons signé un grand nombre d’affaires de troi- sième type. »
De fait, dans les années 1990, Total fait preuve d’un réel esprit pionnier. En Iran notam- ment où, à partir de 1996, il participe aux côtés de la compagnie nationale au développement des champs offshore de Sirri. C’est la première
fois depuis 1979 qu’une compagnie pétrolière occidentale revient dans l’amont pétrolier en Iran. L’opération a le don d’irriter le gouverne- ment américain qui a placé l’Iran sous embargo et interdit à la compagnie Conoco, qui avait des projets dans le pays, d’y donner suite. En 1997, le Groupe franchit une nouvelle étape en pre- nant une participation de 40 % dans un impor- tant projet gazier dans l’offshore iranien du golfe Persique, South Pars. Cette fois, le Groupe soigne tout particulièrement sa communica- tion à destination des cercles dirigeants de Washington afin de désamorcer l’hostilité que suscite l’opération. Pionnier en Iran, le Groupe l’est également en Russie où, dès 1989, il signe un contrat d’assistance pour l’exploitation du champ de Romashkino, dans le bassin de la Volga. Et ce n’est pas tout ! Au début des années 1990, il entre en Birmanie pour y développer un champ offshore, se lance dans l’aventure des pétroles lourds et extra-lourds de l’Orénoque,