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LE TEMPS DES REMISES EN CAUSE
Au début des années 1970, une série d’évé-nements politiques et de changementsstructurels plongent l’industrie pétro- lière mondiale dans une crise profonde. Au sein des compagnies, plus personne n’en doute : une ère nouvelle commence.
La fin d’une époque 24 février 1971 : le gouvernement algérien de
Houari Boumédiène prononce la nationalisation de son industrie pétrolière. À Paris, CFP et ERAP réagissent différemment. Dans les jours qui suivent la mesure, la CFP décide d’accepter les conditions financières du gouvernement algé- rien et de rester sur place. Au siège, rue Michel- Ange, on est en effet convaincu depuis longtemps qu’il existe une « complémentarité entre les inté- rêts des États qui désirent contrôler davantage
les ressources situées sur leur sol et ceux des compagnies pétrolières* » et qu’un terrain d’en- tente peut être trouvé. Rebaptisée Total Algérie, l’ancienne CFP-A passe des accords avec la com- pagnie nationale algérienne, la Sonatrach. Si elle n’est plus opératrice, du moins conserve-t-elle un pied dans les grands champs d’hydrocarbures du Sahara et de précieux contacts sur place. La CFP est d’autant plus poussée à agir ainsi que, sur le terrain, les relations entre les Français et les Algériens sont bonnes. « Beaucoup de techni- ciens de la Sonatrach avaient été formés par les sociétés pétrolières françaises avant l’indépen- dance, se souvient Hervé Chagnoux, entré à la CFP en 1980. Nous avions l’habitude de travailler ensemble et les collaborations se faisaient en bonne intelligence. » La décision de la CFP de rester sur place allait lui permettre, bien plus tard, de retrouver une place importante dans le pays.
* CFP, Rapport annuel sur l’exercice 1971.