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des négociations qui ont conduit aux accords d’Évian (mars 1962) reconnaissant l’indépen- dance de l’Algérie. En premier lieu, les Français, qui cherchent à garder le contrôle des énormes réserves du Sahara, et les Algériens, qui ont encore besoin des compagnies françaises le temps, pour la nouvelle compagnie pétrolière nationale, la Sonatrach, de former ses hommes et d’acquérir de l’expérience, jouent la carte de la coopération : le code pétrolier français est main- tenu et les compagnies françaises se voient accorder une certaine priorité sur les surfaces libres ou libérées. La filiale algérienne de la CFP, la CFP-A, tout comme les différentes entités créées en Algérie sous la houlette du Bureau de recherches de pétrole (BRP) au lendemain de la Seconde Guerre mondiale – SN Repal et CREPS notamment – poursuivent donc leurs activités normalement. Des sociétés mixtes sont en outre constituées entre la Sonatrach et les différentes compagnies françaises tandis que la SN Repal devient une société franco-algérienne à 50-50. En apparence, l’avenir semble s’annoncer sous des auspices favorables.
En apparence seulement ! La guerre a en effet laissé trop de traces pour que la confiance puisse s’établir durablement. Au pouvoir depuis l’été 1965, le président Houari Boumédiène entend en outre suivre une politique d’inspiration socia- liste qui le pousse à se rapprocher de l’URSS. Une orientation qui implique, à plus ou moins brève échéance, la prise de contrôle du secteur pétrolier. En France, aux sièges des entités publiques qui donneront bientôt naissance à l’ERAP comme à celui de la CFP, on se fait dès lors de moins en moins d’illusions sur l’avenir des hydrocarbures algériens ; sur le terrain, les relations ont tendance à se dégrader, notamment
à Hassi Messaoud où les ingénieurs soviétiques arrivés en 1969 contredisent systématiquement les ingénieurs français. Chacun le sait : la natio- nalisation n’est désormais plus qu’une question de temps. Elf et la CFP l’aborderont de manière très différente. Mais en attendant, l’évolution de la situation en Algérie, jointe à la nouvelle donne irakienne pour la CFP, convainc les compagnies françaises d’aller chercher du pétrole ailleurs.
Le futur groupe Elf Aquitaine à l’offensive
Au moment de la signature des accords d’Évian en mars 1962, cela fait quelque temps déjà que les sociétés qui constitueront bientôt le groupe Elf-Erap – Bureau de recherches de pétrole (BRP) et RAP – ont commencé à détour- ner leurs regards de l’Algérie pour les porter vers les pays bordant le golfe de Guinée, en Afrique, et plus particulièrement vers le Congo français, le Gabon et le Nigeria. Dès les années 1950, d’importantes découvertes ont été faites par les filiales locales du BRP au Congo-Brazzaville
Plateforme auto-élévatrice Île-de-France, permis d’Anguille, Gabon, 1968.
Pierre Guillaumat sur le champ d’Anguille, Gabon, 1961.