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1924 1945
Rien d’étonnant, dans ces conditions, à ce que l’État s’active à relancer l’effort de prospec- tion dans le midi de la France avec la bénédic- tion des Allemands qui comptent bien mettre la main sur d’éventuelles découvertes. Dès le mois de septembre 1940, une nouvelle structure est créée pour remplacer l’Office national des com- bustibles liquides et assurer la tutelle du sec- teur pétrolier en France : la Direction des carburants (DICA). Mais l’étape essentielle est franchie en novembre 1941.
La Société nationale des pétroles d’Aquitaine
Cette année-là est créée la Société nationale des pétroles d’Aquitaine (SNPA). Sa mission : chercher des hydrocarbures dans tout le Sud- Ouest, à l’intérieur d’un vaste périmètre de 2,8 mil- lions d’hectares situé entre Bayonne, Mimizan, Agen, Albi, Lannemezan et Pau. De cette nouvelle société, l’État est actionnaire à hauteur de 50 %. La CFP est également partie prenante pour 15,5 %, tout comme Saint-Gobain, Pechiney, Rhône- Poulenc et l’Office national industriel de l’azote (ONIA). Dans cette affaire, les pouvoirs publics ont fait le choix d’une société d’économie mixte. La deuxième pierre du futur groupe Elf vient d’être posée avec l’aide du futur groupe Total. Les chemins, déjà, se croisent…
Pour diriger la nouvelle structure, l’État choi- sit un X-Mines de quarante ans qui a fait ses premières armes à la Steaua Romana comme directeur technique : Pierre Angot. Il connaît bien le pétrole et les dirigeants de la CFP, passés eux aussi par la Steaua Romana. Cumulant les fonctions de directeur général de la SNPA et de la RAP, il lance aussitôt ses équipes sur le terrain. Anciens de Roumanie ou d’Afrique, réfugiés de Roumanie : ouvriers et techniciens
Soldats allemands se ravitaillant en essence dans un dépôt français, France, 1942.