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1945 1970
Londres, provoquant une grave crise dans le pays et un conflit aigu entre le Premier ministre et le souverain Mohammad Reza Shah. La suite est rocambolesque ! Contraint à la démission, Mossadegh est rappelé au pouvoir à la suite d’une insurrection populaire avant d’échapper de jus- tesse à un coup d’État orchestré par le Shah d’Iran. Craignant pour sa vie, le souverain doit se réfu- gier précipitamment en Italie. En 1953, un second coup d’État, conduit par les militaires iraniens avec le soutien actif des services secrets améri- cains et anglais, a finalement raison de Mossadegh. Pour les Britanniques, une époque s’achève : celle où ils disposaient du monopole sur le pétrole iranien. Les Américains, forts du soutien qu’ils ont apporté au Shah d’Iran, ont bien l’intention de se faire une place dans ce pays où ils n’ont jamais pu pénétrer.
Prendre pied dans un grand pays pétrolier
En 1954, un consortium international est créé à leur initiative. Il sera chargé d’exploiter le pétrole iranien. Officiellement, celui-ci reste nationalisé. Mais personne n’est dupe : l’Iran perd le contrôle de ses ressources. Pour quelque temps en tout cas. Quant au consortium, il regroupe les majors anglo-saxonnes, quelques indépendants… et la Compagnie française des pétroles ! Appuyé par le Quai d’Orsay, le groupe français – qui, pen- dant toute la crise iranienne, a soutenu les Anglais – a bataillé ferme pour se faire admettre dans le « cercle ». Il y parvient au terme de rudes négociations. L’ultime version du texte est ainsi rédigée tard le soir, à Londres où Victor de Metz et René de Montaigu ont fait un saut, avant d’être validé en pleine nuit par leurs interlocuteurs anglo-saxons, au bar de l’hôtel où les deux hommes sont descendus. La CFP obtient
French Petroleum Company, Canada, 1962.
La présence de la CFP au sein du consortium, aux côtés de BP et des majors américaines, sonne comme une reconnaissance de son importance : elle est en train de devenir la « Huitième Sœur ».
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