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1924 1945
prometteurs. Il faut dire que de nouvelles zones pétrolifères sont progressivement décou- vertes, attisant les rivalités entre les compagnies. C’est le cas, ainsi, au Moyen-Orient et plus parti- culièrement en Arabie saoudite, un royaume créé en 1932 par le roi Ibn Saoud. En 1934, l’Iraq Petroleum Company, qui cherche à obtenir une concession dans la partie orientale du pays, est écartée au profit de la Standard Oil Company of California (Socal) et de la Texaco. Les deux compagnies américaines créent, ensemble, ce qui deviendra l’Arabian-American Oil Company, ou Aramco.
Cette victoire des Américains s’explique certes par le peu de générosité de l’Iraq Petroleum Company qui a refusé de payer au roi Saoud la somme que celui-ci demandait. Mais elle s’explique aussi par le rôle qu’a joué en cou- lisses un étonnant personnage : Harry St. John Philby. Ami personnel du roi, cet Anglais converti à l’islam ne pardonne pas à la Grande- Bretagne le cynisme dont elle a fait preuve au Moyen-Orient au lendemain de la Première Guerre mondiale. Il s’est livré à de subtiles manœuvres pour que la concession soit accor- dée aux Américains. Ceux-ci n’auront pas à le regretter : un premier gisement est découvert en 1938 par la Standard Oil Company of California dans la région de Dammam, donnant le coup d’envoi à l’aventure du pétrole saoudien. Les Américains – en l’espèce la Gulf – parviennent également à prendre pied au Koweït, mais cette fois aux côtés de l’Anglo-Iranian qui a tout fait pour ne pas se faire éjecter de la zone.
La lutte pour le contrôle des champs pétro- lifères est tout aussi âpre à l’autre bout du monde, notamment au Venezuela, qui connaît une nou- velle ruée depuis que le Mexique a procédé, en 1938, à la nationalisation de son industrie pétro- lière. Mais au Venezuela aussi, des « chasses gar- dées » se constituent. Dès 1937, la Royal Dutch, la Standard Oil Company of New Jersey et
Construction du pipeline Kirkouk-Tripoli, Liban, 1934.
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