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La CFP n’est pas en reste. En 1931, la société crée une filiale spécialisée, la Compagnie navale des pétroles (CNP). Les surcapacités dans le transport maritime ayant eu pour effet d’immobi- liser de très nombreux navires, la CFP se contente pour l’heure de passer des contrats d’affrètement pour approvisionner la raffinerie de Normandie qui s’apprête à ouvrir ses portes. Ce n’est qu’en 1937 qu’elle acquiert son premier navire afin d’as- surer la liaison entre le Proche-Orient et Le Havre : l’ÉmileMiguet. Nommé en hommage au direc- teur de la CFR qui a supervisé la construction des deux raffineries de Gonfreville et de La Mède, c’est, à l’époque, le plus grand tanker au monde.
À la création d’une organisation industrielle complète participe également l’entrée, à hauteur de 50 %, de la Compagnie française des pétroles dans le capital de la Société de prospection géo- physique, la future Compagnie générale de géo- physique (CGG), lors de sa création en 1928. Placement prometteur s’il en est !
Son cofondateur, Conrad Schlumberger, vient tout juste de révolutionner le monde de la pros- pection pétrolière. En 1927, lui et son frère Marcel ont inventé une technique nouvelle promise à un bel avenir : la prospection électrique du sous- sol. C’est sur un site de Pechelbronn qu’ils l’ont testée pour la première fois : pour ce faire, ils ont envoyé dans le sous-sol des sondes munies d’électrodes qu’ils ont ensuite remontées en mar- quant des arrêts tous les mètres. Diffusé par les électrodes, le courant électrique a permis de mesurer la résistivité du terrain en fonction de la profondeur, les valeurs étant elles-mêmes enre- gistrées sur une bande de papier, le log. C’est ainsi qu’ils ont pu, sur des terrains à faible résisti- vité, déceler la présence de pétrole.
Un véritable bond en avant à une époque où les entreprises pétrolières ne disposent que de trois moyens pour trouver de l’or noir : l’étude géologique, le forage puis le carottage. L’invention allait faire la fortune de la société •••