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1998 2000
Il est indispensable d’obtenir le feu vert du gouvernement français. Le 1er juillet, Thierry Desmarest décroche l’indispensable sésame : l’État ne s’opposera pas à l’opération.
d’Elf Aquitaine. Le fait de nous prévenir un peu avant nous a permis de préparer notre position. »
« Concordia » : ainsi a-t-on nommé l’opération qui se prépare. « Dans ce genre de projet, le timing est essentiel, raconte Robert Castaigne. Nous ne pouvions lancer notre offre avant d’avoir achevé celle sur PetroFina. Mais nous ne devions pas non plus perdre de temps : Elf Aquitaine aurait pu fusionner avec l’ENI. Un autre groupe aurait pu monter une offensive : peu avant notre OPE sur Elf Aquitaine, j’ai ainsi appris qu’une compagnie américaine en prépa- rait une sur Total ! »
« Une opération de cette envergure ne peut se faire sans l’accord de l’État, d’autant que celui-ci disposait toujours d’une golden share dans Elf Aquitaine », précise Thierry Desmarest. Le 1er juil- let, celui-ci s’envole pour Moscou où il a été convié à accompagner le Premier ministre Lionel Jospin. En pleine nuit dans un hall d’hôtel, il décroche l’indispensable sésame : l’État ne s’opposera pas à l’opération. Le compte à rebours peut désormais commencer : le 2 juillet, l’OPE sur PetroFina s’achève officiellement avec le feu vert de la Commission européenne ; le dimanche 4, le conseil d’administration de Totalfina autorise le lancement de l’OPE ; le 5 au matin, Thierry Desmarest tente sans succès de joindre Philippe Jaffré. Les dés sont à présent jetés.
La nouvelle choc de l’OPE Chez Elf Aquitaine comme chez Totalfina,
la plupart des salariés apprennent la nouvelle par la radio. « Je m’apprêtais à prendre un petit-déjeuner à l’Assemblée nationale sur un projet industriel avec deux députés du Sud- Ouest lorsque la nouvelle est tombée. Nous n’avons parlé que de ça ! », se souvient ainsi •••