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second, il dirige depuis 1953 l’Ente Nazionale Idrocarburi (ENI). Au milieu des années 1950, décidé à prendre toute sa place sur les marchés pétroliers, il négocie de nouveaux types de contrats avec l’Égypte et avec l’Iran dans lesquels il se contente de 25 % des bénéfices au lieu de 50 %, la proportion en vigueur depuis le début des années 1950. Il signe également un accord avec l’URSS afin de lui acheter son brut à un prix inférieur à celui du baril du Moyen-Orient. Dans les états-majors des compagnies pétrolières, on voit rouge.
Dans les années 1950, ces événements ne sont pas encore de nature à remettre fondamen- talement en cause le pouvoir des majors. Mais de nouveaux acteurs entendent prendre toute leur place sur le marché de l’or noir.
La CFP : « Huitième Sœur ? » À Paris, malgré les sarcasmes des Américains
qui l’ont surnommée « Can’t Find Petroleum » (« Peut pas trouver de pétrole »), la CFP elle- même se rêve en « Huitième Sœur ». Sans doute en est-elle encore loin ! Par sa taille comme par sa mentalité, la compagnie française est à mille lieues de ses homologues anglo-saxonnes et de Petrofina. « Il faut voir ce qu’était la CFP au milieu des années 1950 », s’amuse Guy Bizot, qui y entre en 1955. Elle employait un peu plus de 230 salariés dans le monde alors que les majors en comptaient plusieurs milliers, voire plusieurs dizaines de milliers dans le monde.
Les relations humaines au siège étaient très formelles, très hiérarchisées. Au sommet de l’édi- fice, Victor de Metz était inaccessible, à la manière d’un monarque. On ne le voyait jamais dans les couloirs. « Le profil des équipes du siège était très vieille France, poursuit Pierre de Bourgoing. La plupart des gens venaient de la
bonne bourgeoisie. Ils avaient des allures de diplomates, ce qui d’ailleurs répondait aux besoins de la compagnie. À cette époque, l’es- sentiel de l’activité de la CFP consistait en effet à gérer sa participation dans l’Iraq Petroleum Company et à enlever la part de pétrole qui lui était dévolue. Il y avait donc beaucoup de dis- cussions avec les partenaires de l’IPC. Elles se tenaient à Londres où la CFP avait un bureau et où Victor de Metz se rendait une fois par semaine. » Petite et traditionnelle, la CFP ? Certes. Mais Victor de Metz a pour elle de grandes ambitions.
La conquête de nouveaux territoires
Après avoir rétabli la société dans ses droits, il entend élargir ses horizons. Accéder à de nouvelles ressources : dans les années qui suivent la fin de la Seconde Guerre mondiale, à l’instar de toutes les compagnies pétrolières, la CFP et Petrofina se mettent en quête de nou- veaux gisements d’hydrocarbures. À dire vrai, le renforcement dans l’amont est inséparable du développement des activités aval : dans le contexte de forte croissance économique que connaît le monde, l’approvisionnement des raffi- neries en brut constitue en effet un enjeu majeur. Si elles veulent répondre à l’essor de la demande en produits pétroliers, les deux entreprises doivent impérativement développer leur production.
À mettre en œuvre cette stratégie, Victor de Metz va consacrer toutes les ressources de sa personnalité. L’industriel suit de très près les dossiers, passant de longues heures à étudier les cartes géologiques et n’hésitant pas, quand il le faut, à faire un aller-retour en avion pour se rendre compte par lui-même de l’avancement
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