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1924 1945
salariés de la compagnie ; d’autres de sociétés spécialisées comme la Société de prospection géophysique. Il faut imaginer ces hommes partis de longues semaines, arpentant les déserts dans des conditions difficiles afin d’y déceler des indices de pétrole.
L’expertise technique de l’exploration
Dans le secteur, la recherche pétrolière est un monde un peu à part. Imprégnée d’un fort esprit d’aventure, elle est mue par un rêve : celui du grand frisson que provoque une découverte d’ex- ception. Mais elle n’est pas que cela.
Chercher du pétrole exige en effet de l’expé- rience et beaucoup de rigueur. L’observation attentive des bombements et des plissements, les « anticlinaux » comme on appelle ces formes géologiques susceptibles de recéler des hydro- carbures, joue un rôle décisif. Le métier mobilise aussi des outils complexes permettant de voir « sous terre », à l’image des sismographes et des magnétomètres. Les collaborations avec les ins- tituts de recherches en géologie – universités, grandes écoles scientifiques – sont régulières. Au fil des missions, une culture particulière se forge ainsi sur le terrain où l’expertise technique va de pair avec un véritable esprit d’équipe et de très fortes solidarités humaines.
Active au Moyen-Orient, la Compagnie fran- çaise des pétroles prospecte également ailleurs dans le monde. N’est-ce pas d’ailleurs l’une des missions que lui avait assignée, au nom de l’indé- pendance énergétique, Raymond Poincaré lors de sa création en 1924 ? La société envoie donc ses géologues au Venezuela, où elle fait une brève incursion avant que la Royal Dutch, la Standard Oil Company of New Jersey et la Gulf ne s’as- surent le monopole du pétrole du pays en 1937.
Elle prend également le chemin de la Colombie, où elle ne trouve pas non plus de pétrole. Fidèle là encore aux vœux de Raymond Poincaré, elle lance surtout des travaux d’exploration au Maroc, au Gabon, en Tunisie, à Madagascar et au Congo français, prenant des parts minoritaires dans des syndicats d’études et de recherches ou dans des sociétés locales. Les résultats sont parfois au ren- dez-vous, comme au Maroc où la Chérifienne des pétroles, dans laquelle la CFP a une participation, fait en 1934 une découverte importante à Djebel Tselfat. Il s’agit du premier gisement de taille significative en Afrique. Ces développements marquent les débuts de la grande aventure du groupe Total en Afrique.
La CFP et Petrofina à la fin des années 1930
Petrofina s’efforce au même moment de cher- cher du brut ailleurs que dans son berceau histo- rique roumain. Sous la houlette de Léon Wenger, des recherches sont lancées au Cameroun, au Rwanda, au Venezuela et en Colombie. Elles ne débouchent cependant sur aucune découverte. Un peu échaudée, la société décide finalement de réduire son effort d’exploration pour privilé- gier des accords d’approvisionnement. Tournée depuis le départ vers les États-Unis, elle conclut en 1937 un partenariat avec la Standard Oil Company of New Jersey pour la livraison de 220 000 tonnes de produits pétroliers. Elle se concentre également sur la Roumanie où elle acquiert, tout au long des années 1930, de nou- velles concessions.
À la fin des années 1930, Petrofina et la CFP sont loin d’égaler les « Sept Sœurs » qui déploient leurs antennes sur tous les continents. En 1939, celles-ci contrôlent à elles seules 80 % de la production mondiale d’or noir, ne laissant