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VEILLÉES D’ARMES
À l’aube des années 2000, Total, Elf Aquitaine et PetroFina ne sont pas étran-gères les unes aux autres. Cela fait des années que leurs équipes se croisent sur les champs d’hydrocarbures du globe et qu’elles col- laborent sur le terrain, en mer du Nord par exemple, mais aussi dans le raffinage. Opérant dans le même secteur, les trois compagnies sont présentes toutes les trois sur l’ensemble de la chaîne pétrolière. Par leur poids respectif et la répartition de leurs activités, elles présentent cependant de réelles différences.
Si proches et si différentes Elf Aquitaine fait alors la course en tête. Au
début de l’année 1999, le Groupe emploie 83 000 personnes, produit plus d’un million de barils par jour d’hydrocarbures et vend 864 000 barils
par jour de produits pétroliers. En France, en Europe – Allemagne et Grande-Bretagne sur- tout – et sur le continent africain, il exploite éga- lement un peu plus de 5 200 stations-service, soit à la marque ELF, soit, en milieu rural, à la marque ELAN. S’y ajoutent les 1 531 stations- service du réseau Cepsa en Espagne, dont Elf Aquitaine a pris progressivement le contrôle durant les années 1990. « Elf Aquitaine était fort dans l’amont, avec un axe Nord-Sud allant de la mer du Nord au golfe de Guinée, plus faible dans le raffinage-distribution, et disposait de pôles chimie et santé figurant parmi les leaders mon- diaux », résume Yves-Louis Darricarrère, entré chez Elf Aquitaine en 1978 et futur directeur général des activités amont de Total. À la tête de ce géant industriel, Philippe Jaffré. Depuis 1993, il dirige la compagnie entouré d’une poignée de figures historiques : Jacques Puéchal à la chimie, Jean-François Dehecq à la santé, Bernard de Combret au raffinage-distribution, Jacques •••