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La création de TOTAL Chimie n’est qu’une première étape dans la réorganisation de la chimie française. Dès la fin des années 1960, une étroite collaboration se noue entre la CFP et l’ERAP.
Des ambitions partagées « Cet accord va dans le sens de ce vaste mou-
vement de concentration et de concertation voulu par la chimie française pour mieux affron- ter la concurrence… » Le 3 mars 1969, Pierre Guillaumat pour l’ERAP, Victor de Metz pour la CFP et René Granier de Lilliac pour la CFR pré- sentent officiellement l’accord qu’ils viennent de parapher en vue de créer, en France, des « instal- lations pétrochimiques de grande dimension ». Les trois partenaires ont tout intérêt à ce rappro- chement. Outre la nécessité de partager les investissements, la CFP et l’ERAP veulent écar- ter tout risque de surcapacités qui auraient pour effet d’entraîner une baisse des prix.
Sitôt l’accord signé, les trois partenaires s’en- tendent pour réaliser à Gonfreville un vapocra- queur géant – 320 000 tonnes. Acte de naissance de la plateforme chimique de Gonfreville, il sera mis en service en 1972. Dans le cadre de ce pro- jet, la SNPA et l’ERAP décident en 1969 de regrouper leurs activités chimiques au sein d’une filiale commune, l’Union Chimique Elf Aquitaine (UCEA). Détenue à 80 % par la SNPA, elle est présidée par Jean Fouchier. À la fin des années 1960, la CFP et l’ERAP disposent chacun d’un pôle chimie à part entière. Il ne reste plus désormais qu’à pousser la dynamique de colla- boration à son terme. C’est chose faite en 1971, date à laquelle l’UECA et TOTAL Chimie s’asso- cient au sein d’un groupement d’intérêt écono- mique (GIE) baptisé ATO. « A » comme Aquitaine et « TO » comme Total. La nouvelle
structure animera et coordonnera les activités industrielles et commerciales des deux groupes dans la chimie, à l’exception des activités pétro- chimiques et thiochimiques situées sur la plate- forme de Lacq de la SNPA. Dans l’histoire de la chimie française, il s’agit d’une étape majeure. Les quatre branches industrielles de la nouvelle structure – Pétrochimie, Plastique, Emballages et Bâtiment – disposent d’unités de production à Feyzin, Gonfreville, Mont, Marseille, Balan et Serquigny, emploient plus de 3 000 personnes et réalisent un chiffre d’affaires de 770 millions de francs. L’année même de sa constitution, ATO prend une participation de 40 % (20 % TOTAL Chimie, 20 % UCEA) dans la Seigneurie, première entreprise française de peintures pour bâtiment. Dans la pétrochimie comme dans leurs autres activités, tout semble s’annoncer pour le mieux pour la CFP et l’ERAP. Mais déjà, de lourds nuages s’amoncellent à l’horizon.
Médaille ATO.
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