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Hubert de Vries s’entoure des meilleurs géolo- gues français. Parmi eux, Léon Bertrand, profes- seur de géologie à l’université de Toulouse. Rompant avec les méthodes utilisées jusque-là pour déceler des gisements – l’observation de surface – celui-ci établit un programme de pros- pection basé sur des études géologiques très poussées. Deux forages sont décidés : l’un au Pic Saint-Loup, près de Montpellier, l’autre près de Saint-Marcet, en Haute-Garonne.
Venus pour beaucoup de la Compagnie Pechelbronn, les foreurs voient leurs efforts cou- ronnés de succès. Le 14 juillet 1939 en effet un important gisement est découvert sur le site de Saint-Marcet. Il ne s’agit pas de pétrole mais de gaz. Les choses, dès lors, vont très vite : le 29 juillet 1939, la Régie autonome des pétroles (RAP), éta- blissement public doté de l’autonomie adminis- trative et financière, est constituée. Une centaine de personnes sont recrutées, ouvriers, ingénieurs et cadres. Elle se voit accorder un vaste périmètre d’exploration au nord de Saint-Gaudens qu’elle commence immédiatement à prospecter. En cet été 1939, l’effort public en matière de recherches d’hydrocarbures connaît son premier grand suc- cès. D’autres suivront. Avec la RAP, c’est la pre- mière pierre du futur groupe Elf qui vient d’être posée. Mais l’aventure du gaz de Saint-Marcet aura des conséquences pour tout le secteur pétro- lier. En 1944, la RAP créera en effet une école de foreurs à Latoue, en Haute-Garonne. On les retrouvera bientôt sur les grands champs d’hydro- carbures et notamment dans les colonies et dépendances françaises.
En cette année 1939, cela fait quelque temps déjà que des recherches ont été lancées dans les colonies. Depuis le début de la décennie, géolo- gues et prospecteurs sont à l’œuvre au Cameroun, en Afrique-Équatoriale française, à Madagascar et en Afrique du Nord. Aux côtés de l’ONCL, la Compagnie française des pétroles a été associée dès le départ à ces recherches, prenant on l’a dit des participations minoritaires dans des sociétés locales ou des syndicats d’études. La prospec- tion n’est pas limitée aux colonies.
La prospection dans le Midi et les Pyrénées
À l’initiative des pouvoirs publics, de nom- breux sondages sont également effectués dans les Landes et les Pyrénées-Atlantiques qui, pense-t-on, recèlent d’importantes réserves d’hy- drocarbures. Mais les recherches sont rapide- ment interrompues faute de résultats probants, la crise économique mondiale ayant en outre tari les sources de financement. Ce n’est qu’en 1936, dans un contexte très tendu – Hitler, au pouvoir en Allemagne depuis 1933, vient de réoccuper la Rhénanie –, qu’elles reprennent à l’initiative des pouvoirs publics.
Cette année-là, Paul Ramadier, alors sous- secrétaire d’État aux Mines, à l’Électricité et aux Combustibles liquides, décide de relancer la prospection dans le Midi et les Pyrénées. Un nouveau service est créé au sein de l’ONCL : le Centre de recherches des pétroles du Midi (CRPM). Il est confié à Jean Hubert de Vries. Polytechnicien, diplômé de l’École nationale supérieure du pétrole et des combustibles liquides de Strasbourg, il connaît bien l’industrie pétrolière pour avoir commencé sa carrière à la Standard Oil Company of New Jersey et mené des recherches au Venezuela. D’emblée, Jean