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1971 1997
des pays producteurs. Récemment créées, celles-ci étaient intéressées par des coopéra- tions techniques. » Pour les mettre en œuvre, des sociétés spécialisées voient le jour, à l’image de Total Coopération Industrielle, créée en 1974. Elles proposent notamment des contrats de ser- vice, par exemple en Inde ou au Venezuela.
Une nouvelle dynamique en amont
« Les géologues revenaient du Moyen-Orient, repartaient en Amérique du Sud, faisaient un saut par la Chine ou la mer du Nord… Les projets étaient innombrables ! » Lorsqu’il y entre en 1980, Hervé Chagnoux est étonné par l’ambiance qui règne à la CFP : les équipes de l’explora- tion-production sont sur tous les fronts, sillon- nant le monde pour prendre de nouveaux permis. Le tout avec la bénédiction de la direction géné- rale qui leur laisse d’autant plus « carte blanche » que la hausse du prix du baril assure aux compa- gnies de confortables revenus.
En effet, il y a nécessité à reconstituer les réserves. À elle seule, la nationalisation du pétrole algérien a amputé de près de 50 % la pro- duction de brut de l’ERAP et de 20 % celle de la CFP ! Un choc brutal. « Les compagnies pétro- lières françaises ont dû tout reconstruire », résume aujourd’hui Hervé L’Huillier, ancien directeur de l’information du groupe Total. Reconstituer au plus vite les réserves : c’est l’objectif stratégique incitant géologues et ingé- nieurs à chercher sous d’autres cieux de nou- veaux gisements. Et les résultats sont là !
En mer du Nord notamment. Elle devient l’un des « cœurs battants » de l’exploration-produc- tion. C’est dans ces eaux froides et régulièrement balayées par des tempêtes qu’a été découvert en 1969 le fabuleux gisement d’Ekofisk, dont
elle a 30 % aux côtés de la compagnie Phillips Petroleum qui en est l’opérateur et dans lequel la CFP et Elf-ERAP détiennent ainsi une participa- tion. C’est là également qu’a été découvert, en 1971, le gisement de Frigg et ses 200 milliards de mètres cubes de gaz, dont Elf est opérateur et dans lequel la CFP détient une participation. Aux deux compagnies, il ouvre de prometteuses perspectives : « Avec les nationalisations de 1971- 1972 et le choc pétrolier de 1973, ce gaz est devenu une alternative au pétrole et a pris une importance croissante dans l’activité de la CFP et d’Elf », rappelle Pierre-René Bauquis, entré dans le Groupe en 1972, et nommé plus tard à la tête de la direction gaz. En 1975, un autre gise- ment de gaz et de pétrole est trouvé à Alwyn Nord dont Total est opérateur avec un intérêt de 33 %, Elf détenant le reste. Il sera mis en produc- tion en 1987.
Loin de la mer du Nord, en Indonésie, à l’est de l’île de Bornéo, la CFP met au jour au même moment deux importants gisements de pétrole dans le delta de la Mahakam : Bekapai et Handil. Sur place, la vie a des airs d’aventure, comme le raconte encore Charles Mattenet. « À mon arri- vée en 1976, les équipes constituées en grande partie d’anciens d’Hassi Messaoud et du dépar- tement construction de la CFR venaient d’ache- ver le terminal de stockage. Il n’y avait pas encore de maisons définitives : les personnels et leurs familles logeaient dans des préfabriqués de chantier ou d’anciennes villas de Shell récu- pérées auprès de la société d’État Pertamina. Isolées, sans téléphone avec l’extérieur et à deux heures d’avion de Jakarta ou de Singapour, les équipes vivaient en autarcie en s’approvision- nant sur le marché local. Une “école Total” avait été construite pour les enfants. Cet isolement et cette autonomie créaient de très fortes solidari- tés chez les ingénieurs et au sein des familles. » Les découvertes de Bekapai et d’Handil font de Total Indonésie le deuxième acteur pétrolier