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évacuées. En désespoir de cause, la SNPA fait appel à Myron Kinley, le spécialiste américain des incendies de puits. « Il était hirsute, pas rasé, sans cravate et portait un veston fripé. Il ressemblait beaucoup plus à un vagabond qu’à un spécialiste du pétrole », dira plus tard de lui André Blanchard. Le 30 janvier 1952, le célèbre « pompier volant » parvient enfin à maîtriser l’éruption de gaz. Mais il faut attendre le 24 février pour obturer le puits. « C’est de la folie ! Vous avez la mort sous les pieds ! Oubliez ce champ de gaz, rebouchez vos forages et partez d’ici ! », conseille Myron Kinley en quittant les lieux.
La mise en exploitation du gisement de Lacq : un véritable pari !
Les difficultés, de fait, semblent insurmon- tables. La pression et la température au fond sont très élevées, tout comme la proportion de gaz carbonique et d’hydrogène sulfuré. En raison de la corrosion provoquée par ce dernier, les tubes de forage ont une durée de vie limitée. Au nom de l’indépendance énergétique et parce qu’il est impensable de renoncer à des réserves estimées au départ à 200 milliards de mètres cubes susceptibles d’alimenter tout le pays en gaz naturel, la SNPA décide de relever le défi. La sidérurgie française, notamment les Aciéries de Pompey et celles de la société Vallourec, joue un rôle crucial.. Des aciers spéciaux au chrome sont mis au point tandis que l’ingénieur Alexandre Madrelle, chez Vallourec, dépose le brevet VAM – Vallourec Alexandre Madrelle –, la première connexion étanche en milieu très corrosif. Le procédé allait changer les destinées de Vallourec, faisant de cette société encore modeste l’un des leaders mondiaux du tube sans soudure. Dans l’immédiat, ces innovations rendent possible l’exploitation du gaz de Lacq.
Installations d’extraction et de traitement, usine de Lacq, France, 1957.
Page de gauche : Ouvrier chargeant du soufre solidifié, usine de Lacq, France, 1959.
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