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« Bonsoir mesdames, bonsoir messieurs… Pardon, je vois qu’il n’y a pas de femmes dans l’assemblée ! » Tout commence par une conférence, celle que le P-DG de la Compagnie française d’assurance pour le commerce extérieur est venu donner devant les cadres dirigeants de Total en 1996. « Cette remarque a été un révélateur : c’est alors que nous avons lancé une réflexion sur la question de la diversité dans le Groupe, notamment sur la place des femmes », raconte Jean-Jacques Guilbaud, alors directeur des ressources humaines. À l’époque Elf Aquitaine, Total et PetroFina comptent de nombreuses femmes dans leurs rangs. On en trouve dans tous les métiers, et parfois même à des niveaux de responsabilité élevés. Mais les règles qui régissent le suivi de leurs carrières manquent encore de clarté. Surtout, on n’en trouve aucune au niveau des directions générales. La double OPE sur PetroFina (1998) et Elf Aquitaine (1999) retarde cependant la mise en œuvre d’un grand plan d’action. Tout change au début des années 2000. En 2001, Odile de Damas- Nottin, une ancienne d’Elf
TOTAL MET LE CAP SUR LA DIVERSITÉ
Aquitaine venue de la distribution, se voit confier une importante mission : définir une politique de promotion des femmes au sein du Groupe. « Notre plan fixait un objectif de 30 % de femmes dans les nouveaux recrutements et mettait en place un système de gestion de carrières permettant d’identifier très tôt les femmes à haut potentiel et de les solliciter systématiquement lors de l’attribution de nouveaux postes. Il a été validé par Thierry Desmarest », raconte- t-elle. Le Groupe s’attaque en parallèle à un autre défi : celui de la place des étrangers au sein de l’encadrement. À la veille des grandes manœuvres de la fin des années 1990, les instances dirigeantes d’Elf Aquitaine et de Total, tout comme les directions de filiales, ne sont composées que de Français. PetroFina fait en revanche exception : son comité de direction comprend en effet un Italien, un Hollandais, un Américain, un Portugais et un Français. Internationaliser les cadres tout en continuant à promouvoir les femmes : telle est l’une des principales missions dont est chargée la direction de la « diversité et de l’innovation sociale »,
constituée au sein du Groupe en 2001 et confiée à Catherine Ferrant, l’ancienne directrice de la communication de PetroFina. En 2004, une nouvelle étape est franchie avec la création d’un conseil de la diversité, présidé par Yves-Louis Darricarrère. Objectif : féminiser et internationaliser les cadres du groupe au niveau mondial. Des procédures d’identification des hauts potentiels « femmes et non- Français » sont mises en place à tous les niveaux. Avec des résultats réels : en 2010, les femmes représentent déjà 14 % des cadres dirigeants du Groupe tandis que la proportion de cadres locaux connaît une forte progression. C’est le cas, par exemple, en Angola où, entre 1998 et 2004, leur nombre passe de 50 à 192.